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Bienvenue sur La Fille qui Pétille! J'ai créé un blogue sur les bulles pour partager ma passion et mes découvertes. Champagne, crémants, cava, prosecco et autres appellations effervescentes de ce monde, y compris le cidre, y sont à l'honneur. Bonne visite!


Odyssée d’un vin pétillant - Tome 1 – Les dernières escales

La vie d’un vin effervescent comporte de nombreuses étapes. Certaines sont courtes, voire éblouissantes, les autres sont plus longues et en apparence figées dans le temps.

« Les dernières escales » c’est le début des festivités, c’est le moment où vous entrez en scène.

Cet article en deux tomes a pour but de vous accompagner dans ce voyage, de l’instant où vous tenez la bouteille entre vos mains pour la première fois, jusqu’à votre première gorgée.

Je vous parlerai des éléments pratiques entourant le service des bulles. Plusieurs avant moi l’ont déjà fait. J’ai eu envie de vous partager ces informations sous des airs de joyeux périple.



L’itinéraire - Escales prévues.

Tout d’abord, il sera question de la température idéale de service, puis des techniques de refroidissement. Tout cela nous mènera naturellement à l’ouverture de ladite bouteille.

 

Parce que c’est toujours plus joyeux avec des bulles.

Vous avez un souper chez des amis et vous décidez d’amener un vin mousseux que vous venez d’acheter. Petit bémol, la cuvée sur laquelle vous avez arrêté votre choix n’était pas au frais. Oups, comme dirait ma mère. Poursuivez votre lecture, il y a des solutions.

 

Parler du temps qu’il fait – dans votre verre!

La température idéale pour mettre en valeur les arômes et saveurs des effervescents est autour de 10 degrés celcius (psiit! - vaut aussi pour les vins blancs tranquilles). C’est également la température des caves où la magie opère.

Pourquoi pas plus froid? Vous pouvez boire vos bulles à une température plus basse, du style « ma bouteille est au frigo depuis la veille », mais le froid a tendance à anesthésier. Votre vin sera moins aromatique et aussi moins goûteux.

 

En se réchauffant on se détend.

Personnellement, je préfère toujours mon mousseux quelques minutes après que le verre ait été servi, justement parce que le vin a eu du temps pour respirer et se réchauffer un peu. Je le trouve alors plus expressif. Faites le test, vous verrez ce qui vous plaît le plus.

Le temps permet aussi à davantage de gaz carbonique de gagner l’atmosphère. Pas que je n’aime pas les bulles, il en restera, mais pensez que le mouvement du gaz dans le liquide crée un brassage d’arômes, une remontée. Une autre raison pour laquelle on perçoit de nouvelles odeurs et goûts si on laisse reposer un petit moment le vin pétillant après le service.

 

Étape 1 : Refroidir.

Scénario 1 : Vous avez quelques heures encore avant votre souper.

Vous en profitez pour faire du ménage, du lavage. Ou pour lire un bon livre, au soleil, avec un café.

Vous avez les conditions idéales en tous points! Couchez la bouteille sur l’étage du bas dans le frigo pour une durée de trois heures avant votre départ. Quand vous la sortirez, la température sera parfaite pour la dégustation. Si votre cuvée est sélectionnée pour inaugurer la soirée, passez joyeusement à l’étape 2!

Crédit photo: Julie Carpentier

Crédit photo: Julie Carpentier

 

Scénario 2 : Vous êtes serrés dans le temps – le refroidissement éclair.

Après les courses vous irez directement chez vos hôtes, ou vous ferez un arrêt rapide à la maison pour vous changer et attraper votre douce ou votre doux.

Vous aurez besoin de ceci : un seau à glace ou tout autre récipient assez profond permettant à la bouteille d’être bien immergée. Car attention, un contenant trop court ne permettra qu’à une partie du liquide de bénéficier du service de refroidissement. Les premiers verres versés seront plus chauds.

Remplissez le récipient moitié glaçons, moité eau froide. Plongez-y votre bouteille pour 20 minutes. C’est tout!

 

Le truc controversé – le congélateur.

Je l’emploie lorsque je veux refroidir un vin blanc rapidement. Cependant, je ne vous conseille pas d’y mettre votre mousseux, peu importe où vous le placeriez dans la royale hiérarchie des bulles. Même si vous mettez une minuterie pour éviter un oubli.

 

Ce que les experts en disent.

Le congélateur est déconseillé, voire interdit! Mais en faisant mes recherches, j’ai réalisé que mêmes les professionnels ne sont pas unanimes. L’écart de température, qui causerait un choc trop grand au divin liquide et qui altérerait l’effervescence et la délicatesse des arômes (l’argument principal des détracteurs de cette méthode), ne semble pas un fait prouvé scientifiquement. Il semblerait que le seau à glace serait aussi brutal pour le précieux nectar pétillant…

 

Un verdict?

Pour moi, de bonnes bulles c’est précieux, donc je ne les mets jamais au congélateur. Je suis capable de les attendre 20 minutes s’il le faut. À vrai dire, si on m’offrait un grand vin blanc, il serait aussi hors de question que je le refroidisse de cette façon. À vous d’établir votre zone d’acceptation!

Étape 2: L’ouverture de la bouteille – Science et recommandations.

Science: Soyez excité (à l’intérieur), mais méthodique et prudent (à l’extérieur).

Une bouteille de vin effervescent refroidie (à 10 degrés celcius) peut contenir jusqu’à 6 bars de pression. C’est l’équivalent de trois fois la pression contenue dans un pneu de voiture.

Une autre façon de dire les choses : il y a 5 litres de gaz carbonique dissout dans une bouteille de mousseux de 750ml. Lorsque vous l’ouvrez, l’équilibre interne est rompu, la pression chute subitement et le CO2 n’a qu’une envie, retourner à sa forme gazeuse, ce qui implique que ces 5 litres se bousculent vers la sortie.

J’ajouterai qu’un bouchon qui saute (propulsé par ces 5 litres de CO2 excités d’être enfin libres) peut atteindre une vitesse de 50km/h. Ces données vous donnent une mesure du danger que peut représenter un débouchage où l’on aurait omis quelques précautions de base. 

 

Crédit photo: Julie Carpentier

Crédit photo: Julie Carpentier

Recommandations:

Ne retirez PAS le muselet (la cage de métal qui retient le bouchon). Vous allez le détordre, mais laissez-le en place. De toute façon, il est souvent difficile à enlever, car il devient comme imbriqué au liège. Cette technique vous permettra de garder un meilleur contrôle lors du débouchage et vous donnera également plus de prise pour enlever le liège avec délicatesse.

Cette méthode est utilisée par de nombreux sommelliers et chefs de cave. C’est d’ailleurs par un de ces derniers que je l’ai vue démontrée pour la première fois dans une vidéo. Je l’ai trouvé intelligente, je l’ai donc essayée et appréciée. Et adoptée!

 

Si vous choisissez quand même d’enlever le muselet.

Par mesure de sécurité, gardez EN TOUT TEMPS un doigt sur le bouchon. Inclinez la bouteille à 45 degrés. De cette façon, la pression ne sera pas dirigée sur le liège, mais sur l’épaisse paroi de verre. Et bien sûr, orientez-vous n’importe où, sauf vers un organisme vivant.

 

Oui, j’ai utilisé des MAJUSCULES.

Crédit photo: Julie Carpentier

Crédit photo: Julie Carpentier

J’en ai rien à foutre combien de fois vous l’avez fait sans ces précautions et que tout s’est bien passé. Tant mieux. Mais de grâce, maintenant que vous en savez un peu plus sur la science de l’effervescence, faites-le au moins par considération pour les gens autour de vous. Ce ne sont pas vos capacités qui sont mises en jeu, mais bien la sécurité et l’intégrité physique des convives (y compris vous!). Voilà.

 

La vraie affaire.

Donc vous tenez fermement le bouchon et de l’autre main vous aggripez la base de la bouteille. La technique prônée par les professionnels : tournez la bouteille en maintenant le bouchon en place.

Ça se dit bien en théorie et c’est sûrement facile à faire quand on en a ouvert des centaines. Et disons-le, quand on a plus de force dans les bras (ahem…) qu’une flûtiste classique… ahah! Mais en pratique, je trouve que selon chaque bouteille, c’est une question de senti. Je trouve plus facile de tourner en alternance la base de la bouteille et le bouchon, gardant une prise ferme avec chaque main pour sentir le mouvement du gaz. C’est lui qui fera tout le travail. Vous êtes là pour l’accompagner et surtout le contrôler. 

 

Plus pchiiiiit que pop - Bon, c’est quoi ce jeu d’onomatopés!?

Dans mes jeunes années d’amatrice de bulles, j’adorais entendre le pop du bouchon. Vous pouvez le faire. Y a-t-il un son plus festif?

Cependant, j’ai appris des spécialistes qu’il valait mieux laisser le gaz carbonique sortir lentement, d’où le pchiiiiiit, qu’on appelle aussi soupir. Pensez aux mois, voire aux années où cette force a été contenue.

La délicatesse de l’opération, permet de laisser s’échapper une plus petite quantité de gaz carbonique, de moins le « brusquer » et aussi d’éviter de gaspiller du précieux liquide.

 

La suite du périple…

Nous seront rendus au meilleur moment, le dévoilement, la dégustation!

Dans le prochain article (Odyssée d’un vin pétillant Tome 2 – arrivée à destination), il sera question du choix des verres et de pistes pour vous inspirer dans le jeu des accords. À très bientôt!

*Les données relatives à la science des bulles viennent du spécialiste de l’effervescence Gérard Liger-Belair (Effervescence, la science du champagne).

 

Le terroir québécois en pleine effervescence